CAMUS: 100 ans!

1945-honoratsmall[1]En ce jour de célébration du centième anniversaire de la naissance d’Albert CAMUS comment rester silencieuse après les années de bonheur intellectuel que m’a procuré la longue fréquentation de son œuvre ?

Pour rendre hommage à l’homme, autant qu’à l’auteur, les possibles sont multiples. Mais, après avoir dit l’enfance dépouillée, sans aisance, sans culture mais surtout sans véritable amour, c’est des heures de bonheur dont je voudrais me souvenir ici. Rappeler la part solaire de cette enfance qui eût pu être, vécue ailleurs qu’en Méditerranée, d’un tragique sans partage.

Car, ce que CAMUS aura tôt appris de la grand-mère, de la mère et des quatre murs tristes et nus de l’appartement de Belcourt c’est à aller chercher ailleurs ses sources de joie : et ‘’ailleurs’’, ici en Algérie, c’est d’abord dehors.

La nature méditerranéenne offre tout à ce jeune enfant qui passe ses journées à jouer dans les rues d’Alger la blanche en toute liberté. Le soleil, la chaleur, la mer, une nature luxuriante, la profusion des couleurs, des parfums…

Dans Le Premier Homme Camus se souvient de ces moments d’enfance passés avec les petits camarades du quartier à jouer dans les rues poussiéreuses, à se rafraîchir dans les fontaines. On va dans les terrains vagues jouer à la canette vinga, jeu interdit par la grand-mère car il use prématurément les semelles des chaussures… Plaisir suprême : se perdre dans le fabuleux Jardin d’Essai.

On se cache, on joue, on vole des fruits délicieux…

Et puis, on va finir la journée à la plage des Sablettes et, dans le délice des bains de mer, on oublie l’heure et on rentre en courant rue Belcourt où attend la grand-mère qui renifle les pieds d’Albert pour y débusquer des traces de sable et de sel. Si elle les y trouve, le plaisir de la baignade se paiera de plusieurs coups de cravache.

Plus tard le bonheur prendra d’autres contours mais toujours découpés sur la lumière sans partage des ciels d’Algérie. A Tipasa comme à  Djémila, il sait désormais que la plénitude aura pour nom : « noces » avec la Terre.

Aussi, perdre l’Algérie c’est perdre la source même du bonheur. Dans l’Europe grise et guerrière, Camus apprend à reconnaître d’autres formes de tragique.

Il restera encore la Grèce et ses troncs d’oliviers qu’il enlace amoureusement devant ses amis athéniens, les Katakousinou, surpris. Et la mer Egée au gré des vents.

Puis viendra le Nobel de Littérature et son prix avec lequel il acheta quelques pierres sous le soleil de Lourmarin, comme un acte de fidélité.

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C’est cette maison qu’il quittait pour rejoindre Paris lorsque la mort le faucha sur une route, quelque part à mi-chemin entre soleil et ombre.

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